Programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées

Choix du pays source

Sans un renforcement, la population d’ours brun des Pyrénées était condamnée à disparaître, vu ses effectifs restreints (une quinzaine d’ours sur les versants français et espagnol à la fin de l’année 2005) et une présence quasi exclusive de mâles.
 
La réalisation d’un renforcement nécessite l’apport d’individus exogènes prélevés dans un autre pays, le pays-source, au sein d’une population sauvage d’ours brun dont les caractéristiques se rapprochent le plus possible de celles des ours autochtones des Pyrénées. La comparaison de l’ADN de différentes populations européennes d’ours brun montre 2 lignées distinctes : la lignée ouest présente depuis l’Espagne jusqu’au sud de la Suède en passant par la France, l’Italie, la Slovénie et la Croatie ; et la lignée est en Asie, en Europe centrale et du nord. Du point de vue de la proximité génétique, tous les pays de la lignée ouest sont acceptables comme pays-source.

Trois pays-source potentiels (Espagne, Slovénie, Croatie) ont été envisagés. Les deux petites populations des Monts Cantabriques en Espagne n’étaient pas dans un état de conservation suffisant pour permettre un prélèvement. La Croatie a été écartée en raison de la présence de rage. C’est donc la Slovénie qui a été retenue. Le risque sanitaire associé aux translocations d’ours slovènes a été examiné par les vétérinaires de l’office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) avec l’appui scientifique et technique de l’agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA). L’analyse effectuée montre clairement que ce risque est faible et que la mise en œuvre de mesures simples suffit à le rendre négligeable.
 
Repérages en Slovénie (1996) - © EquipeTechnique
Repérages en Slovénie (1996) - © EquipeTechnique
Les ours slovènes et les ours autochtones sont identiques.
L’ours slovène est fréquemment présenté comme une espèce complètement différente de « l'espèce pyrénéenne » qui, elle, est décrite comme moins dangereuse, moins prédatrice et comme la seule adaptée aux Pyrénées et aux activités humaines.

En fait, tous ces ours appartiennent à la même espèce et à la même sous-espèce ! Sur le plan de la distance génétique, il y a autant de différence entre un ours brun slovène et un ours brun pyrénéen qu'entre un homme slovène et un homme pyrénéen. L’étude du comportement des ours issus de la réintroduction de 1996-1997 (d’origine slovène) montre qu’ils ont bien un comportement analogue aux ours pyrénéens.